Once upon a Toeman...

13 avril 2013

What if … au Festival Séries Mania

Des fois, je me déteste. Je me déteste d’être bloqué à ce fichu niveau 133 de Candy Crush, je me déteste de ne pas être Parisien, je me déteste d’avoir trouvé un boulot pile au mois d’avril, je me déteste de louper le rendez-vous sériphilien le plus intéressant qui existe actuellement en France. Je parle bien sûr du Festival Séries Mania qui se déroulera du 22 au 28 avril au Forum des images.

Voilà, je me déteste pour tout un tas de raison, mais comme on m’a demandé très gentiment d’en faire la publicité et que l’évènement mérite vraiment qu’on y accorde de l’attention, je me suis torturé un peu plus en imaginant le programme que j’aurais suivi si j’avais eu la chance d’y assister.

Lundi 22 Avril

Quoi de mieux pour commencer qu’une table ronde sur un sujet qui nous a tous (ou presque) traversé l’esprit un jour ou l’autre, surtout ces dernières années. Adaptations, remakes et reboots : Les séries sont-elles toujours aussi créatives ?  Je pense que l’intitulé montre assez clairement où se situera le débat. Sympa pour commencer ce festival, non ?

Mardi 23 Avril

 

30 grader

 

Mon mardi serait totalement dédié à la Suède.

Je m’imagine m’installer tranquillement devant les deux premiers épisodes de 30 Grader i February et me laisser porter par l’histoire de ces Suédois qui décident de partir vivre en Thailande pour trouver ce qu’ils n’ont pas su trouver dans leur pays natal. Une série qui s’annonce bourrée d’émotions, d’humanité, qui repose sur la quête de soi et du bonheur… Bref, de la poésie à la télé, ça fait parfois énormément de bien.

Le soir même, à 20h30, je jouerais des coudes pour assister à la soirée marathon de Don’t ever wipe tears without gloves. Cette minisérie de 3h nous raconte les ravages occasionnés par l’apparition du Sida dans la communauté gay de Stockholm, dans les années 80. Pour avoir vu les premières minutes (certes, sans rien comprendre du tout), il ne fait pas de doute que rien ne sera épargné au téléspectateur. La série débute sur une scène terriblement authentique et douloureuse.

Mercredi 24 Avril

Le programme serait un peu plus léger, mais tout aussi chouette. Les nouveautés australiennes m’ont pas encore convaincu cette année. Je ne suis pas tombé sous le charme de The Doctor Blake Mysteries et j’ai littéralement détesté Mr & Mrs Murder. Cela dit, je n’ai toujours pas pris le temps d’essayer Please Like Me qui pourtant semblait être la plus prometteuse. Je fais tout à l’envers, c’est pas nouveau. A partir de 21h15, le festival proposera la projection des trois premiers épisodes de la série, suivie d’un débat avec le producteur et l’une des actrices. Cela fait deux raisons d’assister à tout prix à cette soirée. La série est qualifiée par les organisateurs de Girls au masculin, ça fait donc trois raisons. L’Australie est capable du meilleur, surtout en matière de dramédies, je tiens là ma quatrième raison. N’en jetez plus, c’est déjà vendu.

Jeudi 25 Avril

 

unité9

 

Premier gros dilemme insurmontable. J’aurais pu choisir d’aller voir les deux premiers épisodes de la saison 2 de Boss. J’aurais surtout pu choisir d’aller à la rencontre avec Farhad Safinia, le créateur de la série, mais non, l’appel d’Unité 9 a été plus fort. Je vous avais déjà parlé du pilote de cette série québécoise que j’avais plutôt apprécié. Mais il faut savoir que, depuis, j’ai englouti la saison 1 et que je suis devenu absolument accro. C’est terriblement bien écrit et bien joué, j’en veux plus, maintenant, tout de suite, immédiatement. Alors, certes, vous vous dites qu’ayant déjà vu la série, j’aurais pu m’en passer et aller voir M. Safinia à la place, mais figurez-vous que les organisateurs du festival ont invité André Béraud, le directeur de la fiction de Radio Canada. Alors là, non, j’ai tellement envie de construire une statue à son effigie que je ne peux décemment pas louper cette rencontre. Je ne sais pas qui a eu l’idée de lui demander de venir, mais je veux bien créer deux statues, ça ne me dérange pas.

Vendredi 26 avril

Je commencerais avec une deuxième table ronde qui touche à un sujet des plus actuels. Les séries transmedia : Quelles réalités ? Quels enjeux ? Et puisque qu’ils sont les mieux placés pour nous expliquer le pourquoi du pourquoi, je vous fais partager ce que le programme nous indique. “Que ce soit pour faire vivre une série entre deux saisons, parfois séparées de plusieurs années, ou en proposant des expériences multiplate-forme, ludiques et immersives en parallèle des diffusions, le transmedia permet de transformer le spectateur passif en acteur de sa série préférée. À partir d’exemples concrets, nous analyserons cette tendance, avec les créateurs et diffuseurs de ces nouveaux formats.” Bon, j’avoue que toute cette histoire de transmedia me dépasse un peu, mais comme on en parle de plus en plus, je me dis que ça me ferait pas de mal d’essayer de comprendre un peu mieux le bouzin. Après ça, direction Redfern Now parce que j’ai prévu de voir la série depuis un bail et que j’ai honte de ne pas l’avoir fait.

Samedi 27 avril

 

monmeilleurami

 

Après-midi chargée, en ce samedi. A 14h30, j’irais regarder Mon Meilleur Ami. Pourquoi ? Parce que c’est québécois, que c’est ma monomanie du moment, qu’il y a Claude Legault dedans et que j’en avais jamais entendu parler. A peine la projection terminée, je filerais rejoindre les jeunes de Puberty Blues. J’ai assez envie de revoir les premiers épisodes, et surtout, de pouvoir échanger avec le scénariste de la série. Et enfin, à 21h, j’irais à la présentation de Going Home. Bon, je n’y connais absolument rien en séries japonaises. Découvrir les “jdramas” est dans mes projets depuis un bon moment déjà, mais je n’ai pas encore pris le temps de le faire. Pour être honnête, même si je pense que la série me plairait, j’aurais choisi cette projection-là juste pour pouvoir rencontrer Livia de My télé is rich ! qui est chargée d’en faire la présentation.

Dimanche 28 avril

Ah, pour le final, j’aurais choisi de me la jouer aventurier en allant à la projection de Burning Bush qui est une série… tchèque ! Un drama d’un pays où je ne suis encore jamais allé sériphilement parlant et dont le sujet est plus que prometteur, vu qu’il traitera de Jan Palach qui devint le symbole de la résistance à l’occupation soviétique en s’immolant par le feu. Si ça, c’est pas du sujet alléchant, je ne m’y connais plus. Je n’e serais pas allé au marathon comédies, vous savez que c’est vraiment pas mon truc, mais pour ceux qui comptent y aller ou qui hésitent, n’oubliez pas qu'est prévu la projetion de A Moody Christmas dont je vous ai déjà parlé.

Je me rends compte que j’ai exclu de mon programme presque tout ce qui est américain et anglais, mais la sélection est là aussi très bonne, Game of Thrones, Girls, The Americans, Nashville, House of CardsIn the Flesh…Ce n’est vraiment pas par snobisme ou autre, c’est juste que ces séries-là sont plus faciles d’accès et peut-être un peu trop répandues comparé à d’autres qu’on n’aura peut-être plus jamais l’occasion de voir en France.

Si jamais vous assistez à une de ces projections, pensez à moi et surtout, venez me raconter ce que j'ai raté. Si vous rencontrez André Béraud, dites-lui que je cherche un travail et que je suis prêt à cirer ses chaussures et faire le ménage chez lui. Demandez-lui aussi s’il sait quand sera diffusée Autopsies

Plus d'informations sur le festival ici : http://www.forumdesimages.fr/fdi/Festivals-et-evenements/Series-Mania-saison-4


22 mars 2013

Trois continents, trois pilotes.

Je n’ai pas pu regarder mes séries tranquillement ces derniers temps, et voilà ce qui arrive, 538 pilotes à regarder. C’est vraiment trop demander, que le monde arrête de tourner quand je ne suis pas disponible ? Donc du coup, je rattrape doucement, je jette plus facilement, je suis probablement plus exigeant, moins patient, mais c’est la seule solution pour me sortir de cette situation terrible. Prier Sainte Rita et Saint Jude n’aura servi à rien, ils m’ont jamais aidé ces deux nazes, je demanderai plutôt à Belzébuth la prochaine fois. Au moins, je passerai l’éternité au chaud, à jouer au poker avec Satanas et Diabolo. Trêve de bavardage, j’ai décidé de vous faire un petit tour du monde des pilotes que j’ai pu rattraper jusqu’à maintenant. Il viendra probablement un autre article de ce genre, voire plusieurs, quand j’aurai trouvé le moyen d’arrêter de dormir tout en gardant ma fraicheur et ma bonne humeur légendaires.

 

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Commençons par In the Flesh, nouvelle série britannique. Il faut déjà savoir que les zombies ne m’ont jamais effrayé. Alors, n’allez pas croire que je me la joue, je suis un gros trouillard, je sursaute parfois rien qu’en voyant mon ombre, mais mes peurs portent sur des éléments plus rationnels, plus concrets. Les zombies, loup-garous, momies et autres bestioles traditionnelles me laissent de marbre. Par contre, quand il s’agit d’échappés de l’asile, de clowns cannibales, c’est autre chose. J’ai des envies de vasectomie quand je vois des gamins psychopathes et j’aurais pu mettre le feu au Joupi du coin après avoir vu l’oeuvre de Chucky. Bref, revenons à In the Flesh. Je savais juste que ça parlait de zombies, je m’attendais donc à une série d’épouvante, et en fait, il n’en est rien du tout. La série prend un aspect beaucoup plus sociologique. Après une contamination mondiale qui a visiblement été sanglante, les scientifiques ont trouvé un moyen de guérir les zombies de leur frénésie meurtrière et le monde entier se prépare à leur réinsertion. Le problème, c’est que les massacres du passé n’ont pas été oubliés et un mouvement virulent anti-ex-zombies s’est peu à peu constitué. La justice personnelle a pris le dessus, la traque des anciens zombies est en route, les dénonciations et la délation vont de bon train et la situation dans laquelle se trouve la petite ville que nous voyons ne peut que nous rappeler les heures les plus sombres de notre Histoire. C’est une série qui s’annonce bien plus profonde que je ne l’aurais cru, cette histoire de zombies n’est en fait qu’un prétexte à une analyse sociale des plus intéressantes. A suivre avec grand intérêt donc.

 

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Il y a du guest de première qualité dans Mr and Mrs Murder, nouvelle série australienne qui raconte les aventures d’un couple de nettoyeurs de scènes de crime. Entre Anthony Hayes et Hugo Johnstone-Burt, on peut dire qu’ils ont mis le paquet pour le pilote. Malheureusement, il n’y a bien que là qu’ils ont mis le paquet. La série se vend elle-même comme une série humoristique et la chaine semble vouloir souligner cet aspect, mais alors, ce n’est vraiment pas drôle. C’est même pire, c’est ringard. Les dialogues, les acteurs, la mise en scène, la musique, tout est absolument ringard, ça en est presque gênant. Je me demande comment on peut en venir à commander une série de ce genre. C’est Patrick Sebastien, le directeur de la programmation de Ten ou quoi ? Non, vraiment, c’est pas possible, même Derrick pourrait  se moquer d’eux. Je vais donc passer mon chemin rapidement, et pitié, plus jamais ça. Si vous voulez une série policière drôle, allez plutôt voir du côté de Miss Fisher’s Murder Mysteries. Là au moins, c’est réussi, et puis y a Essie Davis.

 

Cult

Cult est en elle-même un sacré concept. Une série dans une série. Des fans un peu trop à fond, des psychopathes, un gourou, et une frontière entre la réalité et la fiction des plus minces. J’avoue ne pas avoir encore tout compris. Ce que je peux dire après ce pilote, par contre, c’est qu’avec un concept comme celui-ci, il faut une écriture et des acteurs extrêmement solides, sinon ça devient ridicule. Et là, on ne peut pas dire que ce soit parfait. Les dialogues sont navrants et j’ai rarement été autant gêné par le jeu des acteurs dans une série US. Alors, je ne pense pas que ça vienne des acteurs en eux-mêmes, mais plutôt de ce qu’on leur fait dire et de leur direction. Ça sonne tellement faux dès le début que j’ai eu du mal à différencier la fiction de la “réalité” au départ. J’espère vraiment que l’écriture va s’améliorer, parce qu’on frise le grotesque pendant toute la durée du pilote. Ce qui est très drôle, c’est que Cult semble un peu être le fantasme de la CW. La série dans la série, diffusée sur la CW, est un énorme succès, les gens en sont fous, les fans sont déchainés, des sites et des jeux de rôle fleurissent de partout, c’est un peu Lost puissance 15, alors que, soyons francs, ça a l’air vraiment mauvais de chez mauvais. Les scènes que l’on voit d’elle sont soit risibles, soit d’un ennui profond, surtout lorsqu’elles s’attardent sur le fameux gourou. En fait, tout est vraiment aberrant et c’est ce qui la rend presque fascinante. Je dis bien presque, hein, faut pas déconner non plus. N’empêche que, malgré tous ces affreux défauts, la série est intrigante et je vais peut-être me laisser tenter par les épisodes suivants. On sera sûrement au-delà du guilty pleasure, ceci étant dit.

08 février 2013

[Semaine Québécoise] Sixième et dernière étape - Mémoires Vives

Quand on connait un minimum les différentes chaines et le fonctionnement de la télé américaine, il est assez simple de repérer quel ton aura une série. On sait à quoi s’attendre quand on lance une série de la CW, il en va de même quand on lance un drama ABC (Encore que, visiblement, ça va changer), on sait aussi plus ou moins ce que l’on va trouver en attaquant un procédural de CBS. Mais lorsqu’on s’attaque à un système différent, tout pronostique devient impossible, surtout quand on est sur Radio Canada. 19-2, Tu M’aimes-Tu ou encore Apparences n’ont strictement rien en commun au niveau du genre et du ton. Alors, quand jonath666 a attiré mon attention sur Mémoires Vives, je m’attendais un peu à tout et à rien, et pour faire les choses à fond, j’ai pris mon courage à deux mains, et je ne suis même pas allé voir le synopsis. Quand je vous disais que, pour la science et la gloire, j’étais capable de tout.

 Attention, petits spoilers par-ci, par-là.

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Je m’attendais à n’importe quoi, mais je ne m’attendais certainement pas à un soap, car oui, Mémoires Vives en est véritablement un. Alors, comprenez-moi bien, je parle de primetime soap et pas des soaps interminables que l’on peut apercevoir en journée. Et, venant de moi, ce terme n’est pas péjoratif, loin de là. Les soaps réussis font les meilleurs guilty pleasures, voire les meilleurs pleasures tout court. C’est d’ailleurs un genre qui a été pas mal mis en avant ces derniers temps avec Revenge, Dallas 2012, Deception, ou encore Nashville. Bon, on n’est pas non plus au niveau des séries les plus excessives, il n’y a pas encore de jumeaux maléfiques ou d’infirmières psychopathes, mais dans les quatre premiers épisodes, il y a quand même une intrigue qui ferait rougir Sue Ellen.

Dans Mémoires Vives, Jacques est à la tête d’une famille liée par la disparition d’une de ses enfants, Laurie, dans les années 80. Elle ne sera jamais retrouvée et conduira le patriarche à créer la fondation Mémoires Vives destinée à aider et accompagner les familles de disparus. Quand je dis que Jacques est à la tête d’une famille, c’est pas totalement vrai, il est plutôt à la tête de trois familles puisqu’il a le don de multiplier les épouses et les enfants. Une sorte de famille recomposée 2.0, en gros. Ainsi, et comme dans la plupart des soaps, on se retrouve avec une grande palette de personnages auxquels il arrive des choses plus ou moins sensées, et au milieu de tout ça, il y a évidemment quelques secrets explosifs.

Pour vous donner une idée et présenter rapidement certains personnages, il y a Francine, la première femme, insupportable et rongée par un mystérieux mystère mystique. Vient ensuite Claire, la deuxième femme, qui se remet à flirter et n’hésite pas à se saouler avec ses copines qui se marrent comme des baleines en parlant de sècheresse vaginale. Puis arrive Mathilde, l’une des filles, qui a hérité du don de reproduction de son père et tombe enceinte dès qu'elle se met sur le dos, et Flavie, sa soeur psy, qui va rompre et se remettre avec sa copine peut-être six fois en quatre épisodes, tout en trouvant le temps de se faire taper dessus par l’une de ses patientes. Bon, je vais arrêter là, la démonstration, mais il y a encore d’autres personnages plus ou moins connectés avec la famille qui ont aussi leur lot d’intrigues.

 

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J’ai bien conscience qu’en me lisant, on a l’impression que la série est complètement stupide, et je dois avouer qu’à bien des égards, elle l’est. Mais bizarrement, ça fonctionne super bien. C’est simple, je crois que je suis accro à ce téléroman, alors que je ne sais toujours pas de quoi la série parle exactement. Est-ce que la disparition de Laurie est au centre de la série ? Est-ce qu’on va découvrir de nouvelles choses à son sujet ou est-ce simplement les chroniques farfelues d’une famille pas comme les autres ? Au bout de cinq épisodes, c’est un mystère, et pourtant, j’ai hâte de voir le suivant. Cette série a définitivement quelque chose, elle s’assume complètement. Certains dialogues sont bien vus et le casting réussi rend la galerie de personnages très attachante. Elle ne marquera sans doute pas l’histoire de la télé, mais pour le moment, elle divertit, surprend, amuse, et surtout, elle intéresse. Je n’en demande pas plus, surtout quand je viens d'enchainer des séries bien plus sombres et éprouvantes.

C'est sur cette courte, mais sympatique impression que s’achève ce voyage qui aura été plus qu’agréable. Il est venu le temps, non pas des cathédrales, mais de faire mes valises pour changer un peu d’air et découvrir ce que le reste du monde nous a offert pendant cette parenthèse. J’espère vous avoir donné envie de vous essayer aux séries québécoises, ou, si c’était déjà fait, de jeter un oeil aux séries que vous n’aviez pas encore essayées. Moi, en tout cas, ça m’a apporté beaucoup, télévisuellement parlant, et je pense renouveler l’expérience bientôt avec une autre région. Peut-être au pays du soleil levant, allez savoir…

06 février 2013

[Semaine Québécoise] Cinquième étape - Unité 9

L’univers carcéral, c’est un thème qui ne m’a jamais vraiment emballé. J’ai bien sûr vu Oz, que j’ai beaucoup aimée d’ailleurs, mais ce n’est pas un univers dans lequel j’ai hâte de me plonger. Les rares séries que j’ai vues sur le sujet mettaient en scène des prisonniers masculins, je n’ai jamais regardé Bad Girls par exemple et beaucoup de projets de séries sur des prisonnières sont passés à la trappe avant même que la curiosité ne me pique. Soyons honnêtes, je n’aurais de toute façon jamais regardé le spin off de Prison break s’il avait vu le jour, ni le spin off de The L Word d’ailleurs. Je jetterai peut-être un oeil à Orange is The New Black, mais ce sera sans grand enthousiasme. Tout ça pour dire que si l'on ne m’avait pas vanté la qualité de Unité 9, je l’aurais probablement évitée. Et même avec ça, si je n’étais pas virtuellement parti au Québec pendant trois semaines, je crois que je n’aurais pas tenté.

 

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Quand j’ai lancé le pilote d’Unité 9, je ne vais pas vous mentir, j’étais plein de préjugés. Je m’attendais à un truc glauque et violent. Je voyais déjà une série qui allait tout faire pour nous choquer, bourrée de sexe, de coups de couteau et de cellules dégueulasses. Ah lala, que j’aime me tromper à ce point. Unité 9, son premier épisode du moins, n’est rien de cela.

Déjà, Marie est un personnage (principal) auquel le téléspectateur peut facilement s’identifier. On ne sait pas vraiment ce qui l’a poussée à commettre le crime pour lequel elle est envoyée en prison, mais ses réactions au moment de la sentence et de son transfert sont d’une justesse très appréciable. Elle ne joue pas les gros durs, elle ne joue pas non plus la victime, elle est juste terrorisée par ce qui est en train de lui arriver. Elle pose des questions à la détenue qui l’accompagne pour tenter de se rassurer, de savoir plus précisément ce qui va se passer et où elle va atterrir. C’est véritablement la peur qui la paralyse et elle essaie simplement de rendre l'inconnu qui l’attend un peu moins… inconnu. Ce qui est le plus marquant dans ce personnage, c’est qu’elle semble être Madame Tout-le-monde. Elle avait une belle maison et a élevé deux filles qui semblent tout à fait normales, mais un enchainement d’évènements encore inconnus l’a conduite en prison et on a la désagréable impression que ça aurait pu arriver à n’importe qui. J’ai pas pu m’empêcher de me dire que j’aurais probablement réagi de la même façon. Une écriture aussi crédible permet forcément de rentrer rapidement dans la série.

Deuxième bonne surprise, la prison en elle-même. On est bien loin de Fox River et Emerald City. Les détenues sont placées par groupe dans des sortes de petits appartements équipés. Inutile de chercher les cellules froides en béton et les toilettes sales situées à 50 centimètres d’un sommier en ferraille. Ici, l’intérieur ressemblerait presque à un studio d’étudiant soigné.

 

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Troisième bonne surprise, les détenues elles-mêmes. Trainant toujours mes préjugés derrière mon dos, j’ai été soulagé de voir que ces femmes n’étaient pas le stéréotype de la grosse brute qu’on a l’habitude de voir dans les séries. Il règne d’ailleurs une assez bonne ambiance entre elles dans ce premier épisode. Les détenues de l’unité 9 font même tout pour fêter l’anniversaire d’Elise, la plus âgée, qui pourrait bien obtenir prochainement sa liberté conditionnelle. On ne connait pas encore le passé des différentes filles, en grande partie parce que l’une des règles en prison serait de ne jamais demander ce qu’elles ont fait pour arriver là, mais on a tout de suite hâte d’en savoir plus sur leur passé. Je retrouve d'ailleurs avec plaisir Catherine Proulx-Lemay que j'avais trouvée excellente dans Aveux.

Ce que je pourrais reprocher à ce premier épisode, c’est le traitement réservé au personnel de la prison. Que ce soit les gardiennes ou le directeur, ils passent pour les méchants de l’histoire. J’ai trouvé cette espèce de manichéisme inversé passablement maladroit. Il ne peut pas y avoir que du bon chez ces prisonnières, tout comme il ne peut pas y avoir que du mauvais chez ceux qui les surveillent. J’espère que la série ne tombera pas dans le piège de la caricature par la suite et mettra un peu de nuance dans l'écriture de ces personnages-là.

En résumé, Unité 9 est décidément encore une sacrée bonne surprise québécoise. Alors que, contrairement à Aveux ou Vertige, le public (c’est-à-dire moi) n’était vraiment pas acquis, je me surprends à vouloir rattraper mon retard rapidement. Bon, il y a déjà eu 17 épisodes diffusés et il y en aura 26 en tout, donc j’ai du pain sur la planche. D’ailleurs, hop, j’y retourne, là. A bientôt pour la sixième et dernière étape !

04 février 2013

[Semaine Québécoise] Quatrième étape - 19-2

Comme je n’ai peur de rien et que je suis décidé à mener cette parenthèse québécoise jusqu’au bout, j’ai choisi pour cette quatrième étape de me pencher sur un cop show, comprenez “série policière”. C’est un genre qui m’ennuie au plus haut point, les épisodes à enquêtes et les personnages qui stagnent pendant 10 saisons, très peu pour moi. J’ai même pris la très mauvaise (ou très intelligente, selon les points de vue) habitude de ne même plus essayer les pilotes de ces séries-là. J’ai donc lancé 19-2 très prudemment, en pensant que j’allais peut-être perdre 40 minutes de ma vie. Mais bon, je suis comme ça, moi, j’aime prendre des risques dans la vie pour la science et la gloire.

 

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L’avantage, quand on lance une série comme ça, sans rien savoir ou presque de son pitch, c’est qu’il y a toujours un minimum de surprise. En l’espèce, la surprise a été assez importante, puisque je me suis rendu compte que 19-2 était plus un ensemble show qu’une série policière classique. Si vous avez lu mon billet sur Chicago Fire, vous savez que je suis assez fan du genre (Sinon, si ça vous dit, vous pouvez toujours suivre les tags en fin de billet). Les ensemble show sur les flics ou les médecins, vous pouvez en envoyer, j’en mange souvent et sans problème. J’idolâtre – peut-être un peu trop – ER et Third Watch et j’avoue sans honte avoir regardé plusieurs échecs, comme The Unusuals et Mercy. Mais au final, je n’avais vu que des séries américaines jusqu’ici. Enfin, j’ai bien regardé quelques épisodes de PJ quand j’étais jeune et naïf, mais on va dire que ça ne compte pas.

Bref, tout ça pour dire que si le métier de flic ou de médecin n’est qu’un prétexte pour voir évoluer des personnages ayant atteint le PMR (Potentiel Minimum Requis), j’achète et je ne revends que si c’est vraiment mauvais, ce qui arrive quand même fréquemment.

Dans 19-2, on entre dans l’intimité d’une brigade de patrouilleurs de Montréal par l’intermédiaire de deux policiers. Il y a tout d’abord Chartier qui arrive tout droit de la campagne et qui se retrouve associé à Berrof, qui lui, revient tout juste d’un long congé après qu’un évènement traumatisant ait frappé son ancien équipier et lui. Alors, je vous préviens tout de suite, on va découvrir cet évènement dès les premières minutes du pilote et il va annoncer directement la couleur de la série. Je peux vous dire que ça met dans d’excellentes conditions. Une série qui nous offre une telle scène ne peut véritablement pas être mauvaise.

Tout au long des épisodes de cette première saison, la série va évidemment se pencher sur cette association imposée de Berrof et Chartier. Le premier ne veut pas avoir de partenaire et le fait bien sentir au second qui a quand même quelques années de métier derrière lui et n’a rien demandé à personne. Les deux policiers ont du mal à se comprendre, à comprendre les réactions de l’autre, et surtout, à se faire confiance. On peut sans aucun doute mettre ces problèmes sur le dos de leur passé, puisque tous les deux trainent de lourds bagages qui interagissent inévitablement avec leur vie professionnelle.

A ce propos, la forme de la série peut parfois gêner. Elle fait souvent le parallèle entre certaines interventions et le passé des patrouilleurs et essaie de se différencier en utilisant autre chose que l’éternel filtre teinté pour effectuer les retours dans le temps, mais ce n’est pas toujours très réussi. Les flashbacks et autres artifices - que je ne peux vous dévoiler sans spoiler une bonne partie d’une des intrigues - ne sont pas très bien intégrés. Notre boussole s’emballe et il nous faut quelques secondes pour arriver à situer la scène dans le temps et l’espace. On finit par s’y habituer, une fois que l’on est plus familiers avec le passé des personnages et que l’on commence à connaitre la série, mais au bout de 8 épisodes, il arrive encore que je me perde dans la chronologie de l’épisode.

 

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On va donc suivre les différentes interventions de Chartier et Berrof. Elles seront parfois déchirantes, parfois terrifiantes, et parfois drôles. C’est ce mélange qui fait la réussite de la série et qui fait d’ailleurs la réussite de toutes les bonnes séries de ce genre. On assiste à tout, les bons moments, comme les mauvais. On peut enchainer une intervention musclée durant laquelle une femme se fait violemment maltraiter par son mari et une intervention où une femme manquera de mourir d’hypothermie en tentant de voler une dinde congelée. On pourra également assister à une grande beuverie entre les membres de la brigade, alors que quelques heures plus tôt, l’un d’eux frôlait la mort lors d’une arrestation. Et, comme c’est un ensemble show et que Chartier et Berrof ne sont pas les seuls patrouilleurs, on aura l’occasion de faire la connaissance de leurs collègues. Si la plupart sont encore trop en retrait à mon goût, ils ont tous une histoire individuelle intéressante. De l’alcoolisme, en passant par des problèmes de violences domestiques et de béguins délicats, c’est une brigade vivante, un cocktail de personnalités parfois explosif dans lequel les égos se heurtent sans pour autant entacher l’esprit de fraternité qui y règne.

Je dois avouer cependant que la série connaît quelques problèmes de rythme. Après une séquence formidable où l’on ne perd pas une miette de ce qui est en train de passer, il n’est pas rare que l’on tombe soudainement dans l’ennui. Alors, comprenez-moi bien, je ne demande pas de l’action non-stop pendant 40 minutes, au contraire, mais tout est une question de dosage. L'un des épisodes est carrément coupé en deux. Pendant les vingt premières minutes, tout va très vite, on s’accroche, on s’essouffle, on adore, puis c'est la catastrophe, quand tout s’arrête, plus rien ne se passe et l’on assiste douloureusement aux vingt dernières minutes qui s’attardent sur des intrigues molles et peu intéressantes. On ressort de l’épisode mitigé alors qu’avec un équilibre plus travaillé, l’épisode aurait pu être excellent.

19-2 est donc un bon ensemble show, il dépeint des tranches de vie touchantes, effrayantes et cocasses, mais la marge de progression est bel et bien là. Si la série laisse un peu plus de place à ses personnages secondaires et si elle arrive à équilibrer ses épisodes, elle deviendra sans aucun doute un petit bijou télévisuel. On n’en est pas encore là, mais c’est largement réalisable. A noter que la chaine canadienne CBC vient de commander un remake en anglais qui sera visiblement quasi-identique. En gros, on ne change rien, juste la langue. Si comme moi, vous ne voyez pas trop l’intérêt artistique de l’exercice, levez la main. Enfin bon, j’y jetterai sûrement un œil, par curiosité, mais je suis plus que dubitatif.

PS : C’est la dernière semaine de ma semaine québécoise, alors profitons-en ! (Oui, mes semaines font plusieurs semaines, je reste jeune plus longtemps, comme ça.)



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