Ce billet est garanti sans spoilers

Ce que je reprochais principalement aux pilotes de The Mob Doctor et Revolution, c’était le traitement des personnages. Je n’avais ressenti aucune once d’intérêt pour aucun d’entre eux. Alors, attention, je ne demande pas des personnages ultra complexes et passionnants dès le pilote d’une série, c’est tout bonnement impossible à réaliser. Mais il y a quand même un stade intermédiaire entre le néant et le génie, ça s’appelle le potentiel. Et ça, c’est quelque chose que les créateurs de séries devraient pouvoir nous offrir dès le premier épisode. Dans les deux séries que je viens de citer, ce potentiel est quasi nul à mes yeux.

Après, bien sûr, il faut que le casting suive. Un charisme de babybel sera fatal à n’importe quel personnage, aussi bien écrit soit-il. Mais là, on tombe souvent dans la subjectivité. On répondra émotionnellement de façons différentes face à un acteur. Y a peut-être bien une histoire de phéromones télévisuelles derrière tout ça, faudrait peut-être creuser un jour. Ça existe peut-être déjà sur doctisssimo. Bref, un personnage pas trop naze avec un acteur pas trop naze, ça devrait nous donner ce que j’appelle le Potentiel Minimum Requis (PMR). Je voulais mettre Potentiel Minimum Exigé, mais ne réveillons pas la Laurence Parisot qui dort.

Bref, tout ça pour dire que mon PMR à moi, il est dans tout plein de personnages dans Chicago Fire.

 

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Bon, alors déjà, l’originalité de Chicago Fire est aussi épaisse que son synopsis “La vie des pompiers de Chicago”. En plus, la série a pas de bol, elle peut difficilement éviter la comparaison avec la série dont je ne prononcerai pas le nom pour ne pas remuer le couteau dans la plaie (ça commence par Third et ça finit par Watch). Comparaison qui, du coup, rend la série un peu vieillotte au premier abord. Tout ça mélangé a fait que je me suis très peu intéressé à la série au printemps, je ne savais même pas qui était au casting. À vrai dire, quand la saison a démarré fin septembre, j’avais même carrément oublié l’existence de cette nouvelle série. Puis le pilote s’est retrouvé sur le site de la chaine et je l’ai lancé à tout hasard, en 6e partie de soirée ou 2e partie de matinée, question de point de vue.

Je n’attendais strictement rien de la série, je me disais même qu’elle allait peut-être m’aider à m’endormir. Puis il s’est passé un truc. Déjà, je trouve que les personnages sont introduits de façon pas trop balourde. On découvre qui est qui et qui fait quoi assez naturellement. On évite le dialogue explicatif qui a tendance à m’agacer, comme avait pu le faire Scandal, par exemple (que j’ai quand même beaucoup aimé et qui, par la suite, surprend et  ne ressemble en rien à ce qu’on pouvait attendre d’elle). Les acteurs, choisis en partie pour leur physique pour la plupart, sont vraiment pas mauvais. Je savais que Taylor Kinney était au générique, mais j’ignorais complètement, ou alors j’avais oublié, la présence de Eamonn Walker, Jesse Spencer et Monica Raymund. Le courant passe bien à l’écran entre les acteurs. Les deux seules femmes du casting – pour le moment - fonctionnent bien ensemble et le pilote lance des pistes intéressantes pour la suite.

 

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Au niveau de l’action, c’est plutôt bien dosé. Même s’il n’y a dans ce pilote aucun doute sur l’issue du dernier grand danger, je dois dire que j’ai retenu mon souffle. La scène était vraiment impressionnante et l’esprit de fraternité qui règne entre ces hommes et ces femmes a quelque chose d’extrêmement attachant. J’avais un peu peur que la série abuse de mauvais effets spéciaux, et au final, ça m’a rassuré, j’ai trouvé le tout très crédible. Alors oui, on est pas dans le dernier Spielberg, c’est certain, mais le résultat aurait pu être bien, bien, bien pire.

Reste la réalisation, qui elle, est vraiment typique de ce genre de série. C’est pas l’innovation qui les a étouffés. Cette caméra qui bouge sans arrêt, ça m’a filé la nausée au départ. Ça m’a rappelé la première fois que j’ai regardé le pilote de Friday Night Lights. Sauf que pour FNL, c’était plus violent et j’avais englouti les réserves mondiales de cocculine pour survivre. Mais bon, là encore, ça fonctionne très bien avec le genre, alors pourquoi s’en priver ? Comme je vous l’ai dit lors de mon billet sur The Unknown, je ne cherche pas que des séries à concept, je suis aussi à la recherche de très bons divertissements. Et en la matière, le pilote de Chicago Fire fait du très bon boulot. Du bien meilleur boulot que la plupart de ses nouvelles copines.

Je serai là pour le deuxième épisode, et probablement pour les suivants aussi, sauf catastrophe. Je pense que ça a le potentiel de marcher. Si le pilote bénéficie de l’effet de curiosité (ou de l’effet du torse de ces messieurs pompiers), la série peut garder assez de téléspectateurs pour durer. Peut-être pas longtemps, mais un peu quand même.

Clear eyes, full hearts, can't lose ! Oui, je sais, rien à voir avec les pompiers, mais ça faisait classe pour conclure.