Vous avez déjà eu l’impression, devant une série, que le train partait sans vous ? Je ne parle pas des séries pour lesquelles on ne tente même pas de monter à bord, je parle des séries pour lesquelles on veut vraiment rejoindre sa place et atteindre le terminus. Alors, on court le long du quai en espérant le rattraper, mais évidemment, c’est trop tard et on finit par rentrer chez soi, bien dépité. Eh bien voilà, c’est un peu ce que j’ai ressenti devant Vertige.

 

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Et pourtant, pourtant (là, normalement, si vous connaissez vos classiques, je viens de pourrir vos cerveaux avec du Aznavour), tout était réuni pour que Vertige entre dans mon panthéon des miniséries. Daphnée Roussel, qui dirige une sorte de skatepark, se jette un soir du haut de son toit. Certains vont en boite, d’autres au bowling ou au ciné, Daphnée, elle, atterrit sur une voiture quelques dizaines de mètres plus bas et se retrouve plongée dans le coma. Tout le monde croit à une tentative de suicide suite à une dispute avec son petit ami Laurent, mais évidemment, la vérité se révèle plus compliquée et sombre. Entre un frère qui insiste un peu trop lourdement pour que les médecins la débranchent, une soeur qui semble culpabiliser pour une raison mystérieuse  et un ex qui ne semble pas vraiment touché par l'événement, on ne peut pas dire que le téléspectateur manque de suspects. Et puis, on a la carte “Famille Dysfonctionnelle à secrets”, donc bien sûr, ceux qui me lisent le savent, mes neurones s’agitent.

Le premier épisode est réussi, le prologue plonge directement le téléspectateur dans une ambiance froide et intrigante qui me rappelle à chaque fois l’atmosphère qu’on peut retrouver dans les séries scandinaves. On nous distribue peu à peu les cartes nous permettant de saisir les enjeux de la série, les comédiens sont impeccables et l’intrigue, prometteuse.

La suite, bien qu’on ne puisse vraiment pas la qualifier de mauvaise, est beaucoup moins surprenante. Tout le mystère entourant le saut de Daphnée tourne autour d’une vague histoire de gros sous qui m’a un peu perdu, et surtout, pas vraiment intéressé. Tout ce que je peux dire, c’est que la parcelle sur laquelle se trouve le skatepark va gagner beaucoup de valeur, et que bien sûr, là où il y a de l’argent, il y a des vautours. Tout un pan de l’intrigue va donc tourner autour de magouilles financières, des magouilles pas toujours très claires pour le téléspectateur cérébralement limité que je suis. Vous le voyez, le train qui commence à partir, là ?

 

running to catch a train

 

Mais comme Adrien Brody, je m’accroche et je commence à courir, seulement voilà, la suite ne va pas vraiment encourager mes efforts. Il faut dire que mon activité physique quotidienne se résume à lever le bras pour ouvrir la porte du frigo, je pouvais pas sprinter comme ça bien longtemps. Donc, comme je le disais, cette histoire d’argent n’a pas été mon seul problème. Les différentes révélations que la série nous offre n’ont pas été à la hauteur de mes espérances. J’ignore si ça vient des révélations en elles-mêmes ou de l’écriture, mais le résultat n’a pas vraiment eu d’effet sur moi. Pas de surprise, pas même un petit étonnement et même un peu d’agacement à la toute fin. Le soufflé monte lentement et s’effondre petit à petit au rythme des non-rebondissements.

En lisant ce billet, j’imagine qu’on a l’impression que je n’ai pas aimé, ce n’est pas totalement vrai. J’ai regardé les six épisodes sans trainer les pieds, j’ai trouvé les acteurs fantastiques et dans tous les cas, on ne peut pas qualifier Vertige de ratée. C’est simplement que, comparée à ses sœurs (Apparences et Aveux pour ne pas les citer), elle ne fait pas tout à fait le poids et ne me marquera malheureusement pas. Elle n’a pas eu assez de temps pour développer la psychologie de ses personnages et elle en a, au contraire, presque trop eu pour développer son intrigue. Le cocktail n’est pas mauvais, il est juste mal dosé et joue trop la sécurité.

PS : Ce voyage au Québec commence à être assez extraordinaire et ce qui est prévu pour la suite est vraiment ultra-prometteur. J’essaie de ne pas trop m’attendre à du sensationnel, car la déception peut toujours se pointer au bout du chemin, mais il devient vraiment difficile de ne pas verser dans le sur-optimisme. Si je pouvais, j’irais habiter là-bas rien que pour pouvoir regarder la télé toute la journée et pour pouvoir placer des mots anglais n’importe où dans mes phrases sans passer pour un dingue ou un idiot prétentieux. Je trouve ça formidable, ce mélange de deux langues, ça rend les possibilités de s'exprimer tellement plus riches. Quand ce que l'on ressent est tout simplement impossible à décrire en français et que le mot ou l'expression existe en anglais (ou vice versa), c'est juste extra. So, see you au billet prochain !