L’univers carcéral, c’est un thème qui ne m’a jamais vraiment emballé. J’ai bien sûr vu Oz, que j’ai beaucoup aimée d’ailleurs, mais ce n’est pas un univers dans lequel j’ai hâte de me plonger. Les rares séries que j’ai vues sur le sujet mettaient en scène des prisonniers masculins, je n’ai jamais regardé Bad Girls par exemple et beaucoup de projets de séries sur des prisonnières sont passés à la trappe avant même que la curiosité ne me pique. Soyons honnêtes, je n’aurais de toute façon jamais regardé le spin off de Prison break s’il avait vu le jour, ni le spin off de The L Word d’ailleurs. Je jetterai peut-être un oeil à Orange is The New Black, mais ce sera sans grand enthousiasme. Tout ça pour dire que si l'on ne m’avait pas vanté la qualité de Unité 9, je l’aurais probablement évitée. Et même avec ça, si je n’étais pas virtuellement parti au Québec pendant trois semaines, je crois que je n’aurais pas tenté.

 

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Quand j’ai lancé le pilote d’Unité 9, je ne vais pas vous mentir, j’étais plein de préjugés. Je m’attendais à un truc glauque et violent. Je voyais déjà une série qui allait tout faire pour nous choquer, bourrée de sexe, de coups de couteau et de cellules dégueulasses. Ah lala, que j’aime me tromper à ce point. Unité 9, son premier épisode du moins, n’est rien de cela.

Déjà, Marie est un personnage (principal) auquel le téléspectateur peut facilement s’identifier. On ne sait pas vraiment ce qui l’a poussée à commettre le crime pour lequel elle est envoyée en prison, mais ses réactions au moment de la sentence et de son transfert sont d’une justesse très appréciable. Elle ne joue pas les gros durs, elle ne joue pas non plus la victime, elle est juste terrorisée par ce qui est en train de lui arriver. Elle pose des questions à la détenue qui l’accompagne pour tenter de se rassurer, de savoir plus précisément ce qui va se passer et où elle va atterrir. C’est véritablement la peur qui la paralyse et elle essaie simplement de rendre l'inconnu qui l’attend un peu moins… inconnu. Ce qui est le plus marquant dans ce personnage, c’est qu’elle semble être Madame Tout-le-monde. Elle avait une belle maison et a élevé deux filles qui semblent tout à fait normales, mais un enchainement d’évènements encore inconnus l’a conduite en prison et on a la désagréable impression que ça aurait pu arriver à n’importe qui. J’ai pas pu m’empêcher de me dire que j’aurais probablement réagi de la même façon. Une écriture aussi crédible permet forcément de rentrer rapidement dans la série.

Deuxième bonne surprise, la prison en elle-même. On est bien loin de Fox River et Emerald City. Les détenues sont placées par groupe dans des sortes de petits appartements équipés. Inutile de chercher les cellules froides en béton et les toilettes sales situées à 50 centimètres d’un sommier en ferraille. Ici, l’intérieur ressemblerait presque à un studio d’étudiant soigné.

 

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Troisième bonne surprise, les détenues elles-mêmes. Trainant toujours mes préjugés derrière mon dos, j’ai été soulagé de voir que ces femmes n’étaient pas le stéréotype de la grosse brute qu’on a l’habitude de voir dans les séries. Il règne d’ailleurs une assez bonne ambiance entre elles dans ce premier épisode. Les détenues de l’unité 9 font même tout pour fêter l’anniversaire d’Elise, la plus âgée, qui pourrait bien obtenir prochainement sa liberté conditionnelle. On ne connait pas encore le passé des différentes filles, en grande partie parce que l’une des règles en prison serait de ne jamais demander ce qu’elles ont fait pour arriver là, mais on a tout de suite hâte d’en savoir plus sur leur passé. Je retrouve d'ailleurs avec plaisir Catherine Proulx-Lemay que j'avais trouvée excellente dans Aveux.

Ce que je pourrais reprocher à ce premier épisode, c’est le traitement réservé au personnel de la prison. Que ce soit les gardiennes ou le directeur, ils passent pour les méchants de l’histoire. J’ai trouvé cette espèce de manichéisme inversé passablement maladroit. Il ne peut pas y avoir que du bon chez ces prisonnières, tout comme il ne peut pas y avoir que du mauvais chez ceux qui les surveillent. J’espère que la série ne tombera pas dans le piège de la caricature par la suite et mettra un peu de nuance dans l'écriture de ces personnages-là.

En résumé, Unité 9 est décidément encore une sacrée bonne surprise québécoise. Alors que, contrairement à Aveux ou Vertige, le public (c’est-à-dire moi) n’était vraiment pas acquis, je me surprends à vouloir rattraper mon retard rapidement. Bon, il y a déjà eu 17 épisodes diffusés et il y en aura 26 en tout, donc j’ai du pain sur la planche. D’ailleurs, hop, j’y retourne, là. A bientôt pour la sixième et dernière étape !