Quand on connait un minimum les différentes chaines et le fonctionnement de la télé américaine, il est assez simple de repérer quel ton aura une série. On sait à quoi s’attendre quand on lance une série de la CW, il en va de même quand on lance un drama ABC (Encore que, visiblement, ça va changer), on sait aussi plus ou moins ce que l’on va trouver en attaquant un procédural de CBS. Mais lorsqu’on s’attaque à un système différent, tout pronostique devient impossible, surtout quand on est sur Radio Canada. 19-2, Tu M’aimes-Tu ou encore Apparences n’ont strictement rien en commun au niveau du genre et du ton. Alors, quand jonath666 a attiré mon attention sur Mémoires Vives, je m’attendais un peu à tout et à rien, et pour faire les choses à fond, j’ai pris mon courage à deux mains, et je ne suis même pas allé voir le synopsis. Quand je vous disais que, pour la science et la gloire, j’étais capable de tout.

 Attention, petits spoilers par-ci, par-là.

image2

 

Je m’attendais à n’importe quoi, mais je ne m’attendais certainement pas à un soap, car oui, Mémoires Vives en est véritablement un. Alors, comprenez-moi bien, je parle de primetime soap et pas des soaps interminables que l’on peut apercevoir en journée. Et, venant de moi, ce terme n’est pas péjoratif, loin de là. Les soaps réussis font les meilleurs guilty pleasures, voire les meilleurs pleasures tout court. C’est d’ailleurs un genre qui a été pas mal mis en avant ces derniers temps avec Revenge, Dallas 2012, Deception, ou encore Nashville. Bon, on n’est pas non plus au niveau des séries les plus excessives, il n’y a pas encore de jumeaux maléfiques ou d’infirmières psychopathes, mais dans les quatre premiers épisodes, il y a quand même une intrigue qui ferait rougir Sue Ellen.

Dans Mémoires Vives, Jacques est à la tête d’une famille liée par la disparition d’une de ses enfants, Laurie, dans les années 80. Elle ne sera jamais retrouvée et conduira le patriarche à créer la fondation Mémoires Vives destinée à aider et accompagner les familles de disparus. Quand je dis que Jacques est à la tête d’une famille, c’est pas totalement vrai, il est plutôt à la tête de trois familles puisqu’il a le don de multiplier les épouses et les enfants. Une sorte de famille recomposée 2.0, en gros. Ainsi, et comme dans la plupart des soaps, on se retrouve avec une grande palette de personnages auxquels il arrive des choses plus ou moins sensées, et au milieu de tout ça, il y a évidemment quelques secrets explosifs.

Pour vous donner une idée et présenter rapidement certains personnages, il y a Francine, la première femme, insupportable et rongée par un mystérieux mystère mystique. Vient ensuite Claire, la deuxième femme, qui se remet à flirter et n’hésite pas à se saouler avec ses copines qui se marrent comme des baleines en parlant de sècheresse vaginale. Puis arrive Mathilde, l’une des filles, qui a hérité du don de reproduction de son père et tombe enceinte dès qu'elle se met sur le dos, et Flavie, sa soeur psy, qui va rompre et se remettre avec sa copine peut-être six fois en quatre épisodes, tout en trouvant le temps de se faire taper dessus par l’une de ses patientes. Bon, je vais arrêter là, la démonstration, mais il y a encore d’autres personnages plus ou moins connectés avec la famille qui ont aussi leur lot d’intrigues.

 

image1

 

J’ai bien conscience qu’en me lisant, on a l’impression que la série est complètement stupide, et je dois avouer qu’à bien des égards, elle l’est. Mais bizarrement, ça fonctionne super bien. C’est simple, je crois que je suis accro à ce téléroman, alors que je ne sais toujours pas de quoi la série parle exactement. Est-ce que la disparition de Laurie est au centre de la série ? Est-ce qu’on va découvrir de nouvelles choses à son sujet ou est-ce simplement les chroniques farfelues d’une famille pas comme les autres ? Au bout de cinq épisodes, c’est un mystère, et pourtant, j’ai hâte de voir le suivant. Cette série a définitivement quelque chose, elle s’assume complètement. Certains dialogues sont bien vus et le casting réussi rend la galerie de personnages très attachante. Elle ne marquera sans doute pas l’histoire de la télé, mais pour le moment, elle divertit, surprend, amuse, et surtout, elle intéresse. Je n’en demande pas plus, surtout quand je viens d'enchainer des séries bien plus sombres et éprouvantes.

C'est sur cette courte, mais sympatique impression que s’achève ce voyage qui aura été plus qu’agréable. Il est venu le temps, non pas des cathédrales, mais de faire mes valises pour changer un peu d’air et découvrir ce que le reste du monde nous a offert pendant cette parenthèse. J’espère vous avoir donné envie de vous essayer aux séries québécoises, ou, si c’était déjà fait, de jeter un oeil aux séries que vous n’aviez pas encore essayées. Moi, en tout cas, ça m’a apporté beaucoup, télévisuellement parlant, et je pense renouveler l’expérience bientôt avec une autre région. Peut-être au pays du soleil levant, allez savoir…