Je n’ai pas pu regarder mes séries tranquillement ces derniers temps, et voilà ce qui arrive, 538 pilotes à regarder. C’est vraiment trop demander, que le monde arrête de tourner quand je ne suis pas disponible ? Donc du coup, je rattrape doucement, je jette plus facilement, je suis probablement plus exigeant, moins patient, mais c’est la seule solution pour me sortir de cette situation terrible. Prier Sainte Rita et Saint Jude n’aura servi à rien, ils m’ont jamais aidé ces deux nazes, je demanderai plutôt à Belzébuth la prochaine fois. Au moins, je passerai l’éternité au chaud, à jouer au poker avec Satanas et Diabolo. Trêve de bavardage, j’ai décidé de vous faire un petit tour du monde des pilotes que j’ai pu rattraper jusqu’à maintenant. Il viendra probablement un autre article de ce genre, voire plusieurs, quand j’aurai trouvé le moyen d’arrêter de dormir tout en gardant ma fraicheur et ma bonne humeur légendaires.

 

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Commençons par In the Flesh, nouvelle série britannique. Il faut déjà savoir que les zombies ne m’ont jamais effrayé. Alors, n’allez pas croire que je me la joue, je suis un gros trouillard, je sursaute parfois rien qu’en voyant mon ombre, mais mes peurs portent sur des éléments plus rationnels, plus concrets. Les zombies, loup-garous, momies et autres bestioles traditionnelles me laissent de marbre. Par contre, quand il s’agit d’échappés de l’asile, de clowns cannibales, c’est autre chose. J’ai des envies de vasectomie quand je vois des gamins psychopathes et j’aurais pu mettre le feu au Joupi du coin après avoir vu l’oeuvre de Chucky. Bref, revenons à In the Flesh. Je savais juste que ça parlait de zombies, je m’attendais donc à une série d’épouvante, et en fait, il n’en est rien du tout. La série prend un aspect beaucoup plus sociologique. Après une contamination mondiale qui a visiblement été sanglante, les scientifiques ont trouvé un moyen de guérir les zombies de leur frénésie meurtrière et le monde entier se prépare à leur réinsertion. Le problème, c’est que les massacres du passé n’ont pas été oubliés et un mouvement virulent anti-ex-zombies s’est peu à peu constitué. La justice personnelle a pris le dessus, la traque des anciens zombies est en route, les dénonciations et la délation vont de bon train et la situation dans laquelle se trouve la petite ville que nous voyons ne peut que nous rappeler les heures les plus sombres de notre Histoire. C’est une série qui s’annonce bien plus profonde que je ne l’aurais cru, cette histoire de zombies n’est en fait qu’un prétexte à une analyse sociale des plus intéressantes. A suivre avec grand intérêt donc.

 

MrandMrsMurder

Il y a du guest de première qualité dans Mr and Mrs Murder, nouvelle série australienne qui raconte les aventures d’un couple de nettoyeurs de scènes de crime. Entre Anthony Hayes et Hugo Johnstone-Burt, on peut dire qu’ils ont mis le paquet pour le pilote. Malheureusement, il n’y a bien que là qu’ils ont mis le paquet. La série se vend elle-même comme une série humoristique et la chaine semble vouloir souligner cet aspect, mais alors, ce n’est vraiment pas drôle. C’est même pire, c’est ringard. Les dialogues, les acteurs, la mise en scène, la musique, tout est absolument ringard, ça en est presque gênant. Je me demande comment on peut en venir à commander une série de ce genre. C’est Patrick Sebastien, le directeur de la programmation de Ten ou quoi ? Non, vraiment, c’est pas possible, même Derrick pourrait  se moquer d’eux. Je vais donc passer mon chemin rapidement, et pitié, plus jamais ça. Si vous voulez une série policière drôle, allez plutôt voir du côté de Miss Fisher’s Murder Mysteries. Là au moins, c’est réussi, et puis y a Essie Davis.

 

Cult

Cult est en elle-même un sacré concept. Une série dans une série. Des fans un peu trop à fond, des psychopathes, un gourou, et une frontière entre la réalité et la fiction des plus minces. J’avoue ne pas avoir encore tout compris. Ce que je peux dire après ce pilote, par contre, c’est qu’avec un concept comme celui-ci, il faut une écriture et des acteurs extrêmement solides, sinon ça devient ridicule. Et là, on ne peut pas dire que ce soit parfait. Les dialogues sont navrants et j’ai rarement été autant gêné par le jeu des acteurs dans une série US. Alors, je ne pense pas que ça vienne des acteurs en eux-mêmes, mais plutôt de ce qu’on leur fait dire et de leur direction. Ça sonne tellement faux dès le début que j’ai eu du mal à différencier la fiction de la “réalité” au départ. J’espère vraiment que l’écriture va s’améliorer, parce qu’on frise le grotesque pendant toute la durée du pilote. Ce qui est très drôle, c’est que Cult semble un peu être le fantasme de la CW. La série dans la série, diffusée sur la CW, est un énorme succès, les gens en sont fous, les fans sont déchainés, des sites et des jeux de rôle fleurissent de partout, c’est un peu Lost puissance 15, alors que, soyons francs, ça a l’air vraiment mauvais de chez mauvais. Les scènes que l’on voit d’elle sont soit risibles, soit d’un ennui profond, surtout lorsqu’elles s’attardent sur le fameux gourou. En fait, tout est vraiment aberrant et c’est ce qui la rend presque fascinante. Je dis bien presque, hein, faut pas déconner non plus. N’empêche que, malgré tous ces affreux défauts, la série est intrigante et je vais peut-être me laisser tenter par les épisodes suivants. On sera sûrement au-delà du guilty pleasure, ceci étant dit.