Cette année 2013 est décidément une année très bizarre. La pastèque sur le cake, c'est sûrement le fait que je vais rater le lancement officiel de la saison des séries US dans une dizaine de jours à cause de changements radicaux dans ma vie personnelle. Oui, je pourrais bien sûr geindre sur le fait de quitter ma famille, mon beau département, mes quelques amis, mais non, c'est rater toute cette excitation autour des nouveaux pilotes qui arrivent chaque soir qui me fout réellement le moral à zéro. Alors du coup, je me suis dit qu'exceptionnellement, j'aillais céder à l'appel des preairs, ces épisodes qui arrivent sur le net avant même leur diffusion à la télévision. Seulement voilà, seuls les enfants de Satan sortent en preair, ces bêtes monstrueuses, ces créatures diaboliques, ces inventions sadiques que sont les comédies. Vous connaissez mon problème avec les comédies, qu'elles soient single-camera, multi-camera, filmées à dos de chameau ou Dieu sait quoi d'autre, mais je me suis lancé, savourant déjà le fait que j'allais les ratatiner avec ma prose raffinée comme les vaches et parfumée... ben comme les vaches aussi.

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, ce n'est pas une, ni deux, ni trois comédies qui m'attendaient, mais quatre. J'avais vaguement entendu parler de Back in the Game et Trophy Wife lors des upfronts, par contre, The Goldbergs et Welcome to the Family sortaient de nulle part pour moi. Tant qu'à se lancer dans les comédies, autant ajouter les frissons et l'aventure que procurent l'inconnu et la surprise. Et des surprises, ah ben ça, j'en ai eu. Puisque je me suis cassé la tête pour savoir dans quel ordre j'allais les présenter sans arriver à me décider, j'ai choisi de me la jouer à la Roselmack et de vous faire une totale immersion dans ma vie. Je sais, je sais, ça fait envie. Je vais donc tout simplement respecter l'ordre dans lequel j'ai vu ces pilotes, ordre qui était totalement aléatoire.

 

The Goldbergs

Ah, The Goldbergs, autant vous dire tout de suite, que la concernant, il n'y a pas eu de surprise, j'ai détesté du début à la fin. Déjà, le pilote commence avec de la musique à fond pendant que tous les personnages, hystériques, hurlent dans tous les sens. C'est littéralement épuisant de regarder ces premières minutes. J'ai eu du mal à comprendre le concept de la série. Visiblement, les épisodes sont basés sur les vidéos de la vraie famille Goldberg. Bon, autant, j'ai rien pigé et je suis complètement à côté de la plaque, mais c'est pas bien important. Ce qui est important, c'est que j'ai trouvé que les personnages n'ont aucune saveur et ont tous un alter ego déjà existant dans d'autres séries. Sauf que, eh bien, la comparaison est vraiment pas flatteuse pour The Goldbergs. En plus, niveau mère un peu folle, sévère, mais juste, ils ont vraiment pas de bol, je suis en plein marathon Roseanne, qui est un peu une référence en la matière. Bref, à côté d'elle, Beverly fait pâle figure pour le moment. Le père a encore moins d'intérêt et a une voix affreuse. Oui, c'est futile, mais essayez de suivre quelque chose quand vous n'entendez que ça. Une fois qu'on a posé notre attention sur ce genre de détail, il est impossible de faire marche arrière. Les enfants ne m'ont vraiment rien inspiré et le grand-père, eh bien, c'est un petit vieux qui commence à perdre la raison, sauf que là, c'est pas marrant, c'est pas triste non plus, c'est juste comme ça. On voit bien que la série essaye de nous toucher à la fin avec ces petites scènes larmoyantes, mais c'est trop tard, le mal est fait, les 20 premières minutes ont juste achevé l'intérêt que je n'avais déjà pas pour la série. Je reproche beaucoup aux comédies de ne pas me faire rire, mais ça ne veut pas pour autant dire qu'elles ne sont pas marrantes. Là, ce pilote n'est même pas marrant, c'est dire. Je passerai aussi sur la voix off. Je ne suis pas anti-voix off, c'est un procédé comme un autre qui peut s'avérer très efficace, mais ici, ça n'apporte vraiment rien. C'est monotone, ce n'est pas censé faire rire, ce n'est même pas une aide à la compréhension, c'est juste une façon barbante de paraphraser ce qui se passe à l'écran. Adieu, les Goldbergs.

 

Welcome to the family

Voilà, je vous parlais des comédies qui ne me font pas rire, mais que je trouve marrantes, Welcome to the Family en est le parfait exemple. Déjà, je crois que c'est la première fois que j'ai un coup de foudre pour un casting dans une comédie. Alors, attendez, je vais préciser ce que j'entends par là. En dehors de Mary McCormack que j'adore depuis longtemps, je ne suis pas spécialement fan des acteurs de cette série individuellement, mais alors, j'ai trouvé qu'ils fonctionnaient incroyablement bien ensemble. Ricardo Antonio Chavira et Justina Machado, physiquement, ça le fait vraiment, et l'alchimie est parfaite. Pour ce qui est de Mike O'Malley et Mary McCormack, c'est un peu moins évident, mais la bonhommie du monsieur et le talent de madame font que ça fonctionne quand même très bien. Bon en dehors de ça, l'histoire est pas très originale. Deux familles très différentes qui se retrouvent liées parce que les deux enfants ont fait des cochonneries sans préservatif, ça sonne très classique. Mais voilà, j'ai ajouté la comédie à mes séries parce que je me suis senti drôlement bien devant. J'ai l'impression de voir un Los Angeles différent que dans les autres séries qui y sont installées, j'ai souri pas mal de fois, j'ai adoré voir tous ces acteurs interagir et je crois qu'elle vaut la peine que j'y accorde un peu plus d'attention. C'est le genre de séries qu'il est bon de retrouver chaque semaine. Mais hélas, c'est aussi le genre de séries dont je me lasse au bout de quelques épisodes. Happy Endings, par exemple, avait aussi un casting que je trouvais particulièrement bien choisi, je me sentais tout aussi bien devant, mais mon intérêt a commencé à faiblir, j'ai raté un épisode, puis deux et finalement, j'ai fini par archiver la bestiole. On verra ce qu'il adviendra de Welcome to the Family, mais je vais me faire plaisir et m'accorder une série feel good pour les soirées tristes dans mon nouveau chez moi.

 

Back in the game

Une comédie sur le baseball, imaginez ma tête en entendant pour la première fois parler de Back in the Game. Bon, certes, il y a le petit que j'avais adoré dans Private Practice, mais ça faisait un peu juste comme bon point. Bon, en plus, les comédies multi-générationelles, c'est peut-être sympa, mais c'est vraiment très classique. J'imaginais déjà tout un tas de gags basés sur le fossé entre les générations et tout le tintouin qui va avec, et finalement, ben pas du tout. Ce qui m'a assez étonné, dans le bon sens, dans ce pilote, c'est son ton. Par l'intermédiaire notamment du personnage joué par James Caan, la série prend une route réellement abrupte avec des répliques trash et osées. Elles ne sont pas forcément drôles, mais l'honnêteté des personnages frappe parfois sans prévenir. Maggie Lawson qui joue l'héroïne est peut-être celle qui m'a le moins séduit, mais il faut dire qu'elle n'a pas non plus beaucoup de matière dans ce premier épisode pour se démarquer. Le personnage de Benjamin Koldyke m'a bien plu. C'est un enfoiré de première. Il est macho, imbu de sa personne et insensible. Il y a une scène très marrante où il dit à l'héroïne, sans s'en rendre compte, qu'elle est moche, mal coiffée, mais qu'heureusement, elle a du caractère. C'est tellement odieux et il ne se rend tellement compte de rien que ça marche. Je suis pratiquement sûr d'avoir déjà vu cet acteur quelque part, d'ailleurs. Si j'avais pas autant la flemme, j'irais voir sur imdb. Bon, et autre point positif, c'est que le baseball n'est en fait qu'une excuse, on n'en parle pas vraiment, ou alors, assez peu pour que ça ne m'ait pas dérangé. Oh, et j'avais failli oublier, j'ai ri une fois ! Mais d'un rire franc. La toute dernière scène du pilote m'a pris par surprise. Pourtant, le gag était prévisible, mais je me suis quand même fait avoir. C'était un peu le miracle de ma journée et parce que c'est si rare, je lui accorderai plusieurs autres épisodes, voilà.

 

Trophy Wife

Malin Akerman, Bradley Whitford et Marcia Gay Harden au casting de Trophy Wife, rien que ça, ça la plaçait assez haut dans la liste de mes minces espoirs en matière de comédies. Alors, n'étais-je pas objectif quand je l'ai lancé ? Honnêtement, je pense que je l'étais, puisque même si j'aimais le casting, je m'attendais quand même à ne pas y trouver mon compte. Mais le fait d'avoir apprécié les précédentes m'a peut-être mis dans de bonnes conditions. Quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup aimé. J'ai souri, et même ri. Si je ne trouve pas l'alchimie entre Malin Akerman et Bradley Whitford époustouflante, je trouve celle entre Malin Akerman et Marcia Gay Harden parfaite. La scène où elles sont toutes les deux présentes à l'école du fils ainé de la famille recomposée pour rencontrer son professeur est délicieuse. Les réactions très différentes face au récit érotique écrit par le garçon en question sont d'une drôlerie agréable. C'est le genre d'humour qui me plait. C'est peut-être pas très fin, mais ça passe par des mimiques, des soupirs, des ricanements et non par des mots. Je dois aussi dire que le petit dernier de la famille, un petit Chinois adopté, est vraiment excellent. Il est malin, le sacripant. C'est un grand classique, le petit mignon fourbe, dans les comédies familiales, mais ça marche à chaque fois. Que ce soit un Dewey (Malcolm in the Middle), un Brick (The Middle) ou encore un DJ (Roseanne), ce sont souvent d'eux qu'on se souvient le mieux. La troisième femme du héros a droit à moins de temps d'antenne, mais elle a l'air d'avoir une sacrée araignée au plafond et Michaela Watkins semble pouvoir être très drôle sans trop faire d'efforts. Bref, encore une comédie que j'ai ajoutée à ma liste.

 

Voilà voilà, donc, qu'est-ce qui se passe, au juste ? J'ai ajouté trois comédies à mon planning, ce qui fait cinq de plus que prévu. En plus, quand je lis les retours sur ces pilotes autour de moi, je vois très peu d'enthousiasme. La vérité serait-elle que j'ai un humour affreusement pourri ? C'est fort possible, je ne vous le cache pas, mais ça reste inquiétant. Pitié, dites-moi que je ne suis pas seul. On pourra créer un collectif de gens qui aiment des trucs pas drôles et n'aiment pas les trucs drôles. Non ? Personne ?